Le 10 janvier 2009,Medias
L’AMC rejette l’idée d’exiger des certificats médicaux pour les voyageurs obèses
JOSH WINGROVE
Le 10 janvier2009
Dorénavant, les trois principales compagnies aériennes du Canada exigeront que les passagers handicapés ou obèses demandant un deuxième siège gratuit présentent un certificat médical, ce qui, selon l’Association médicale canadienne, exercera des pressions indues sur les médecins du pays.
À compter d’aujourd’hui,Air Canada, Air Canada Jazz et WestJet exigent un certificat médical des personnes voulant se prévaloir du programme « une personne, un tarif » qui est entré en vigueur ce mois-ci par suite de la décision rendue par l’Office des transports du Canada au début de l’année dernière. Le programme garantit une place supplémentaire gratuite aux personnes qui ont besoin d’un accompagnateur ou dont l’obésité constitue une déficience fonctionnelle lorsqu’elles voyagent.
Ces personnes devront dorénavant obtenir un certificat médical, à leurs frais.
« Afin de nous assurer que nous mettons cette politique en œuvre convenablement et en tenant compte des intentions de l’Office, nous devons savoir qui a réellement besoin d’être accommodé afin que toutes les personnes admissibles bénéficient de cette politique », a écrit le porte-parole d’Air Canada, Peter Fitzpatrick, dans un communiqué au Globe and Mail.
L’AMC s’insurge contre le fait que les compagnies exigent un billet certifiant qu’une personne est obèse.
« La majorité[des personnes demandant un siège supplémentaire] serait des gens qui sont tout simplement trop gros pour pouvoir s’asseoir sur un seul siège. Pas besoin d’un avis médical pour déterminer si c’est le cas », dit Briane Scharfstein, un médecin de famille de longue date qui est maintenant la directrice des Affaires professionnelles à l’AMC.
« Demander aux médecins de rédiger des billets dans le but, en fin de compte, de déterminer le droit à un avantage, c’est, dans une certaine mesure, abuser du temps des médecins. »
Le groupe, défini par l’Office des transports, qui est admissible au programme « une personne, un tarif » inclut les personnes « qui sont reconnues comme ayant une déficience fonctionnelle en raison de leur obésité relativement aux voyages par avion », mais exclut « les personnes qui sont obèses, mais qui ne sont pas reconnues comme ayant une déficience en raison de leur obésité ».
La politique d’Air Canada, qui est entrée en vigueur hier, exige qu’un passager qui demande une place supplémentaire présente « un certificat médical faisant état de sa déficience ». Si cette déficience est l’obésité, la compagnie aérienne considérera le certificat médical comme étant valide pour une période de deux ans. Le certificat peut être renouvelé par une infirmière, un physiothérapeute ou un ergothérapeute.
WestJet exige un billet du médecin chaque fois qu’une place est réservée sur un de ses vols et ne prévoit aucun processus de renouvellement. Sa politique entre en vigueur aujourd’hui.
Les deux compagnies aériennes prévoient des processus de remboursement pour les places réservées avant hier pour les vols futurs. DreScharfstein espère que les compagnies aériennes accepteront de rencontrer les représentants de l’AMC pour discuter d’un processus plus approprié.
Laurie Beachell, coordonnateur national du Conseil des Canadiens avec déficiences, a donné à entendre qu’une possibilité serait d’élargir l’éventail des types de professionnels qui seraient autorisés à certifier le droit d’un passager à cet avantage, mais que l’on ne devrait pas laisser les compagnies prendre seule cette décision.
« Le défi à relever quand on a affaire à l’invalidité, c’est toujours de décider qui servira à déterminer l’admissibilité. Et dans bien des cas, des preuves médicales, ou un billet du médecin sont requis… C’est une mauvaise utilisation du temps des médecins », a déclaré M. Beachell hier soir.











