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VA Canada - Le Journal électronique de Traci

JOURNAL ÉLECTRONIQUE – 3 MAI 2010

Un voyage à l’ONU
Traci Walters explique comment la ratification, par le Canada, de la Convention relative aux droits des personnes handicapées a été un des événements les plus mémorables qu’elle a presque ratés
 
Alors que j’étais à Vancouver le 9 mars pour l’exposition sur l’accessibilité, j’ai reçu un courriel inattendu de RHDCC m’invitant à venir aux Nations Unies le 11 mars. Prévoyant la confirmation définitive de l’accord des gouvernements provinciaux, l’honorable Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères, allait (espérait-on) annoncer la ratification de la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Des représentants des deux principaux groupes de personnes handicapées responsables de la participation du Canada à l’élaboration de ce traité international, soit le Conseil des Canadiens avec déficiences (CCD) et l’Association canadienne pour l’intégration communautaire (ACIC), avaient aussi été invités.
On m’a dit qu’un vol quittait Vancouver pour New York le 10 mars et on m’a demandé de vérifier mes courriels tôt le matin pour la confirmation de la ratification. À un moment donné pendant la nuit, je me suis tout à coup rappelé que mon passeport était à Ottawa! J’ai pris d’autres dispositions pour me rendre à New York en passant par Ottawa afin que quelqu’un puisse venir me porter mon passeport à l’aéroport d’Ottawa.
Après avoir reçu la confirmation à 6 h, HAP, j’ai rapidement fait mes bagages, sauté sur mon triporteur et je suis partie à toute vitesse pour l’aéroport. Je suis montée à bord de l’avion et je me suis calée dans mon siège avec mon café, émerveillée de voir que les choses s’étaient aussi bien arrangées. Mais moins de 45 minutes après le décollage, le pilote a annoncé que nous retournions à Vancouver pour faire un atterrissage d’urgence parce qu’un volet d’une des ailes de l’avion était brisé. Comme si mes nerfs n’étaient déjà pas assez éprouvés!

C’est alors qu’a commencé un échange frénétique de messages, et lorsque je suis finalement arrivée à Ottawa, des heures plus tard que prévu, plus aucun avion ne partait pour New York. Épuisée, découragée et extrêmement déçue, j’étais certaine d’avoir raté ma chance de participer à cet événement qui n’arrive qu’une fois dans la vie.

Plus tard, et presque par miracle, j’ai découvert qu’un vol partait à 6 h pour arriver à 7 h 40 à New York (merci aux voyageurs d’affaires internationaux!). Si tout se passait comme prévu, j’arriverais en ayant moins d’une demi-heure devant moi. J’ai réussi à prendre l’avion le lendemain matin, mais j’étais convaincue que je n’arriverais jamais à me rendre à temps à l’ONU une fois que l’avion aurait atterri.
Je demandais anxieusement de l’information à l’agent de bord concernant le transport au sol lorsqu’un monsieur à l’air distingué assis de l’autre côté de l’allée s’est penché vers moi et m’a demandé si j’étais Mme Walters. Comme pour me faire oublier l’incroyable malchance que j’avais eue la veille, le sort a voulu que le ministre Cannon soit assis tout près de moi, juste de l’autre côté de l’allée! Il m’a assurée qu’étant donné que la cérémonie ne pourrait pas commencer sans lui, nous arriverions certainement à temps.
Le ministre avait raison, et après avoir rejoint Anna MacQuarrie et Bendina Miller de l’ACIC et Steve Estey du CCD, on nous a escortés à travers les services de sécurité jusque dans une pièce imposante. Quelques minutes plus tard, nous serrions la main du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, pendant  que le ministre Lawrence Cannon remettait en main propre les documents confirmant la ratification, par le Canada, de la Convention relative aux droits des personnes handicapées de l’ONU. C’était fait. En moins d’une minute, cinq années de planification et d’efforts avaient enfin abouti. Jamais dans mes rêves les plus fous je n'aurais pu imaginer que ce serait l’événement qui marquerait la fin de ma carrière en tant que directrice nationale de VA Canada. J’étais au septième ciel.

Je suis très vite revenue sur terre environ 10 minutes plus tard lorsque nous avons découvert que la conférence de presse annonçant la ratification avait été prévue dans une pièce inaccessible. Le personnel a réussi à trouver un autre endroit à la dernière minute, mais l’incident nous a rappelé à tous que le plus dur était encore à venir.

Le Canada offre dorénavant aux personnes handicapées la possibilité de parvenir à une réelle égalité et le temps est maintenant venu de mettre cette possibilité à profit. La prochaine étape consiste à créer un plan pour mettre la convention en œuvre, surveiller nos progrès et faire rapport aux Nations Unies régulièrement, et nous devons décider qui, au sein du gouvernement, sera responsable de la coordination de ce plan.
Les groupes de personnes handicapées devront commencer à rappeler au gouvernement qu’il est obligé de travailler avec eux directement pour entamer le processus de révision et de réforme des lois pour assurer la conformité du Canada avec les normes minimales établies dans la Convention, et que les « droits des personnes handicapées » sont en fait des « droits de la personne ».

À cette fin, VA Canada aimerait féliciter le CCD et l’ACIC pour tout leur dur travail et leur compétence qui ont influencé directement la contribution du Canada. Nous aimerions aussi remercier le gouvernement du Canada et toutes les provinces et tous les territoires d’avoir appuyé la ratification.
Maintenant, il faut se mettre au travail et apporter des changements positifs réels et utiles dans la vie des Canadiens handicapés en nous fondant sur le cadre établi par la Convention.

De gauche à droite : Bendina Miller (ACIC); Traci Walters; le ministre Cannon; Anna MacQuarrie (ACIC) et Steve Estey (CCD)

De gauche à droite : Bendina Miller (ACIC); Traci Walters; le ministre Cannon; Anna MacQuarrie (ACIC) et Steve Estey (CCD)